Une histoire pas bidon

Rares sont les histoires que je raconte sur ce site, qui a pour vocation de donner des conseils, plus que de narrer des situations que j’ai vécu personnellement. Pourtant n’est-ce pas aussi le rôle d’un blog ? J’avais envie de vous livrer cette aventure peu banale, qui me semble pour le moins adaptée et presque dotée d’une morale. Bonne lecture !

C’était il y a quelques mois, alors que les températures étaient plus clémentes. Imaginez la Normandie, des kilomètres de plages de sable fin, le soleil vous caressant de sa douceur. Mais la mer est basse. Nous décidons d’aller à la pêche à pied, discipline qui consiste à débusquer des crabes et autres mollusques marins entre les rochers.

Une fois les premiers crochetages effectués – oui, pour pêcher, on utilise un crochet permettant de s’infiltrer dans les failles entre les rochers – j’aperçois ce qui me semble être un casier. Ce dispositif permet de piéger des crabes et homards. En m’approchant, je me rends compte que c’est un bidon, là, au milieu des rochers. Je m’apprête à l’emporter avec moi pour le recycler. Seulement il est importable. J’essaie d’ouvrir le bouchon, mais il est complètement grippé. Vue la flore marine entourant l’objet, il doit y avoir un moment qu’il est là. 

Je prends une pierre pour briser une partie du bidon que je pense être en matériel métallique. De l’eau s’écoule, mais l’objet n’est toujours pas portable. Dans un premier temps, je pense être obligé de le laisser.

Je le hisse en évidence sur un rocher avant de reprendre la pêche. Ce jour là, je trouve une araignée de mer, plusieurs étrilles, un ormeau et même un dormeur, que je ne rapporterai pas. A chaque avancée, j’amène avec moi ce maudit bidon. Je le traîne, je le pousse, je le hisse avec la ferme intention de le rapporter et de le recycler.

Après les rochers, la plage, puis les dunes, puis la route, tirant le bidon avec mon crochet. J’arrive enfin à bon port. Je me suis rendu compte que le bidon est en fait en plastique. Je l’ouvre avec un couteau. Je le découpe en lambeaux et découvre finalement un bloc de béton.

J’ai alors compris que ce bidon n’avait pas été jeté. Il a du se décrocher d’un bateau. Il devait servir de bouée d’amarrage. Le fait est qu’il s’est retrouvé au milieu de la mer et ça devait faire un moment qu’il y était. En même temps, qui aurait ramené ce bidon maudit pour le recycler ? C’est une question à laquelle je n’ai trouvé aucune réponse. alors j’ai décidé de le faire. 

Bloc de béton
Bloc de béton à l'intérieur du bidon

J’ai été moqué de cette initiative. Parce que personne ne fait ça. Mais c’est justement parce qu’une situation n’est pas censée arriver : la bouée d’amarrage, remplie de béton, qui se détache du bateau ; que personne n’est chargé de récupérer ce déchet, donc personne ne le fait. Peut être cet exemple est-il extrême, mais ce qui m’inquiète le plus est qu’il n’est pas isolé. Je pense que c’était nécessaire de ramener cet objet plastique et de le recycler. Effectivement, récupérer cette masse de plusieurs dizaines de  kilogrammes au milieu de la mer, c’est à peine croyable, c’est pourquoi j’ai décidé de réaliser une vidéo que vous pouvez consulter 👈

S’il est une morale, c’est que chacun doit faire ce pourquoi il est convaincu, sans craindre le jugement. Pourquoi ne pas commencer par l’un de ces 10 gestes pour la planète ?

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